29 novembre 2009

Dwyai tire un privilège de son armure

Juillet 997.

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Le soleil n'était pas encore levé que ce satané coq chantait déjà. La fenêtre de Dwyai donnait directement sur la ferme des Kantieg et les paysans se levaient toujours de bon matin, réveillant les animaux.

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Dwyai se demandait bien quels pouvaient être les avantages de dormir dans un château si c'était pour vivre au rythme du bas peuple. Sa chambre était modeste, certes, et il y faisait froid, mais le prestige de vivre dans le château du Roi valait toutes ces peines.

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Mais malgré tous les honneurs que Dwyai tirait de sa fonction, il était toujours irrémédiablement seul. Chaque matin, quand il se levait, son Pays de Galles lui manquait. Aurait-il été plus heureux dans une ferme près de Caernarfon ? Il aurait pu trouver une femme, avoir des enfants, laisser une trace qui lui survivrait.

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Mais c'était peut-être le prix à payer quand on était capitaine de la garde d'un minuscule royaume. Si seulement le Roi recevait plus de visite ! Dwyai n'aurait jamais tenté de séduire une princesse étrangère, mais une de ses dames de compagnie aurait pu faire l'affaire.

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Tandis qu'il enfilait sa lourde armure vermeil, symbole de sa réussite, il sentait le poids de sa fonction qui pesait sur lui chaque jour. Les femmes qui venaient au château le voyaient juste comme un garde quelconque et ne lui prêtaient guère d'attention.

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« Tu m'as l'air bien songeur ce matin, Dwyai. Si tu te soucies pour la Reine, sache qu'elle va un peu mieux ce matin. Elle attend à nouveau un enfant. Plaise au Seigneur que celui-ci ait la force de tenir jusqu'au bout. »

« Vous devez être fier, Sire. »

« Un héritier pour ce royaume serait pour moi une grande joie. »

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« En parlant d'héritier ... quand est-ce que je vais voir des petits rouquins gambader dans la cour de ce château ? » lui demanda Richard. « Aucune fille intéressante à la taverne ? »

« Je n'ai pas encore le bonheur d'avoir rencontré celle qui sera la mère de mes enfants. »

« Et bien tu devrais y songer, mon ami. Tu as déjà vingt-trois ans ! Tu attends d'avoir des cheveux blancs pour te caser ? »

Dwyai savait que les paroles de son seigneur étaient pleines d'affection, mais il ne pouvait s'empêcher d'être mélancolique ce matin. Et s'il ne rencontrait jamais de femme ? Sa vie se résumerait-elle à être le fidèle garde du château de Pradvael ?

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Dwyai faisait sa ronde habituelle, souffrant de la chaleur sous sa lourde armure, lorsqu'il aperçut son ami Alan venu vendre quelques légumes au château. Il allait lui toucher deux mots au sujet de son coq quand une idée lui vint.

« Bien le bonjour, Alan. »

« Bonjour, Dwyai. Ça fait longtemps qu'on t'voit plus au village. »

« Justement, j'ai une question pour toi à ce sujet. Toi qui est souvent au village, y a tu déjà rencontré une femme digne d'intérêt ? »

« Tu sais que j'suis marié, Dwyai. Et pour ce genre de femmes, ça fait bien longtemps que j'vais plus les voirs... »

« Je ne parle pas de prostituées ! » paniqua Dwyai. « Je veux dire ... je voudrais trouver une femme pour ... pour vivre avec moi. »

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« A ce moment là, y aurait bien ma sœur. » Voyant que Dwyai n'était pas tout à fait convaincu, il ajouta : « Mais elle est beaucoup plus belle que moi. La plus belle fille de c't'île si tu veux mon avis ! Et j'dis pas ça parce que c'est ma soeur. Cwenburh, qu'elle s'appelle. Elle habite un peu plus loin dans l'île, mais j'peux toujours lui d'mander de passer au château. »

« Tu ferais ça pour moi ? »

« Ben, t'as une bonne situation, tout ça. Mon pauv' père est mort et c'est moi le gardien d'ma sœur. Et j'vois rien contre le fait qu'elle épouse quelqu'un qu'est pas paysan, au contraire. Ça la sortirait un peu d'notre situation à nous autres. J'm'en vais la chercher. »

« Ne vas pas trop lui parler, hein ? Dis lui juste que ... que je souhaiterais la rencontrer, voilà tout. »

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Quelques heures plus tard, deux femmes arrivèrent au château. Puisqu'Alan ne pouvait être le frère de la Duchesse de Kervignag, Dwyai en déduit que l'autre était sa sœur. Elle était si belle ! Comment Alan pouvait-il croire qu'elle s'intéresserait à un pauvre garde tel que lui ?

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« Bonjour, gente dame. »

« Excusez-moi, je n'ai peut être pas le droit d'être ici... C'est mon frère qui m'a dit de venir, mais je ne savais pas si j'avais l'droit de venir dans la cour du château. »

« Tous les habitants de l'île sont libres de venir ici, et je ne refuserais certainement pas l'accès à une aussi belle femme que vous. Vous devez être Cwenburh. »

« Et vous devez être Dwyai. Je vois qu'Alan vous a déjà parlé de moi. »

Elle éclata de rire. Un rire cristallin, aussi aigu que sa voix. Elle était visiblement intimidée, mais la perspective de sortir de sa situation de paysanne était une bonne motivation pour vaincre sa timidité.

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« Croyez bien que je ne vous force à rien, damoiselle. J'aimerai seulement vous connaître davantage, si votre frère le permet. »

« Alan est tellement heureux à l'idée que j'épouse le capitaine de la garde qu'il m'a mis en garde de ne rien faire qui puisse vous contrarier. »

« Mais quel est votre souhait à vous ? »

« Je vous trouve pas plus laid qu'un autre. Je suppose qu'on pourrait bien s'entendre tous les deux. Mais je vous préviens, il va falloir me connaître un peu mieux si vous voulez que je devienne votre épouse. Et je suppose que je devrais faire ce truc à l'église. »

« Vous n'êtes pas chrétienne ? »

« Je le deviendrais s'il le faut. Après tout, c'est juste un peu d'eau sur la tête, non ? »

« C'est un peu plus compliqué que ça ... mais je suppose que nous aurons le temps d'en reparler. »

Dwyai ne pouvait s'empêcher de sourire bêtement en voyant le délicat visage de cette jeune femme. Elle devait avoir moins de vingt ans et était en bonne santé. Il voyait déjà ses enfants courir parmi les collines de l'île. Le prestige de sa condition semblait enfin porter ses fruits.

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Posté par Pradvael à 12:07 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
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Commentaires sur Dwyai tire un privilège de son armure

    pd de ta mere enculerc de ta race tg c porie$

    Posté par gfdhdb, 16 novembre 2011 à 12:33 | | Répondre
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