13 février 2011

Le prince de Gwynedd et la comtesse d'Uzel dansent la carole

Mai 1015.

"La Comtesse va vous recevoir." lui avait dit le garde avant de le laisser rentrer dans la grande salle du château d'Uzel.

1

Cynan manqua de s'étouffer en apercevant Pétronille, un petit sourire au lèvres.

"Je suppose que c'est le moment où je dois me confondre en excuses." dit il en lui baisant la main.

"Votre Altesse Royale." répondit-elle en faisant une révérence.

"Appelez-moi Cynan."

"Vous me vouvoyez, maintenant ?"

2

"Je suppose que le comte d'Uzel ne serait pas ravi qu'il en soit autrement. Je ne sais comment vous exprimer ma gêne, je ... Si j'avais sû ! Pourquoi ne m'avez-vous rien dit ?"

"Je trouvais ce petit jeu amusant. Tout le monde me traite constamment comme quelqu'un de spécial, je voulais redécouvrir ce que cela faisait de n'être à nouveau que Pétronille, la petite paysanne de Pradvael."

"En vous voyant, personne ne pourrait songer à ce que vous fussiez une paysanne."

"Ne me prenez pas pour plus bête que je ne le suis, Votre Altesse. En me voyant pour la première fois, vous m'avez prise pour une paysanne."

"Cynan. Et pour votre gouverne, je ne vous ai pas prise pour une paysanne, mais pour la femme d'un bourgeois."

3

"Devrais-je m'en sentir flattée ?"

"Que puis-je dire sinon que votre mari devrait vous parer de plus beaux atours. Votre beauté ne mérite pas si peu d'égards de sa part."

"Je ne vous permet pas de juger mon mari !"

"Diable ! La petite Pétronille était moins farouche que la comtesse d'Uzel !"

"C'était certainement une erreur de ma part, je vous prie de m'en excuser. Dans tous les cas, le comte n'est pas là. Si vous souhaitiez le rencontrer, vous pouvez repasser plus tard."

Cynan connaissait assez les femmes pour savoir que si une femme mariée se donnait la peine de préciser que son époux n'était pas là, c'est qu'elle avait une idée derrière la tête. Il connaissait également assez bien les femmes pour savoir que jamais Pétronille n'avouerait ouvertement son attirance pour lui.

4

"Qui vous dit que c'est votre mari que je suis venu voir ?"

"La même raison qui me porte à penser que vous ne viendriez pas faire la cour à une femme mariée."

"Vous me connaissez bien mal, comtesse. Si j'étais venu ... disons, vérifiez vos qualités de danseuse ?"

L'expression de surprise qui traversa l'espace d'un instant le visage de Pétronille lui indiqua qu'il avait atteint son but. On pouvait lire dans la pauvre petite comme dans un livre ouvert. Une vingtaine d'année à la cour n'aurait pas suffit à lui donner l'assurance que des générations d'enseignement permettaient d'obtenir. Une femme délaissée par son mari, se réfugiant dans la couture et - à en juger par ses courbes - dans la nourriture.

5

"Vous n'êtes pas sans savoir que la reine donne un bal la semaine prochaine et en tant que nouvel arrivant à la cour, je souhaite m'assurer des aptitudes de mes futures cavalières avant de me ridiculiser en public."

Pétronille esquissa un sourire. Si les ragots des commères du village étaient vrais, le gros comte d'Uzel ne faisait plus danser sa femme depuis bien longtemps.

"La reine aime faire danser la carole. Je ne vois pas en quoi mes qualités personnelles de danseuses seraient un problème pour une danse de groupe."

"C'est là que vous vous tromper, comtesse. Dans cette danse plus que dans tout autre, la moindre personne a une importance capitale. Venez ! Dansons la carole tous les deux afin de nous assurer de votre prétendu talent."

"Mais je n'ai rien prétendu de tel !"

"Allons, ne cachez pas votre talent derrière votre modestie. Je suis sûr que vous êtes une merveilleuse danseuse."

"Mais ... nous n'avons pas de musiciens et ... nous ne sommes que deux."

Avant qu'elle ait le temps de débattre davantage, il saisit sa main et l'entraîna dans une folle farandole entre les piliers de la grande salle. Lorsqu'ils s'arrêtèrent, elle ne pouvait s'arrêter de rire, s'appuyant sur son épaule pour reprendre son souffle.

6

"Vous me voyez bien rassuré : vous êtes une incroyable danseuse."

"Vous seriez devin si vous pouviez juger de mes qualités de danseuse sur une si folle performance."

Pétronille avait totalement repris son souffle maintenant, mais ses mains ne quittaient plus ses épaules. Il l'attrapa par la taille et lui donna un baiser. Son regard passa de la confusion à l'abandon en moins d'une seconde. Il n'aurait pas crû que l'entreprise lui fut si facile. Séduire la comtesse d'Uzel avait été un jeu d'enfant.

< Piero perd l'équilibre

Mahaut attire tous les regards >

Posté par Pradvael à 19:11 - - Commentaires [5] - Permalien [#]
Tags : ,


Commentaires sur Le prince de Gwynedd et la comtesse d'Uzel dansent la carole

    Et bam .... Pétronille s'est fait avoir ... lol

    Posté par khany, 13 février 2011 à 19:36 | | Répondre
  • c'est sur que c'est un beau parleur...

    Posté par mylord31, 14 février 2011 à 00:30 | | Répondre
  • Je pense tout de même que Petronille savait bien ce qui allait se passer!

    Posté par louhema, 14 février 2011 à 16:12 | | Répondre
  • Je suis d'accord avec toi, louhema, même si je pense qu'elle aime se rassurer à penser que tout est de la faute de Cynan. Par ailleurs, nous n'avions que le point de vue de Cynan dans ce chapitre, pas celui de Pétronille. On ne sait pas si elle avait l'intention de le séduire ou si elle est vraiment naïve.

    Posté par Pradvael, 14 février 2011 à 17:40 | | Répondre
  • Et d'une !

    Posté par Lorraine54, 18 février 2011 à 18:46 | | Répondre
Nouveau commentaire