07 juin 2011

Thietmar le Saxon

Janvier 1017.


Le tonnerre se faisait entendre à travers toute la vallée et le vent soufflait si fort qu'on entendait au loin les cloches de la cathédrale qui sonnaient.

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Thietmar adorait être au chaud, à l'intérieur, quand tout était agité à l'extérieur. Bien sûr, l'immense et froid château de Branderion n'avait rien à voir avec le chaleureux château du Duc de Saxe où il avait été élevé, mais cette petite pièce où il faisait couler son bain était à une dimension suffisante pour réfléchir. Au nord du petit royaume de Pradvael, le grand royaume d'Angleterre était en proie à de grandes agitations.

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Enfant, protégé dans un duché du Saint-Empire, il n'avait jamais pensé à ces royaumes insulaires et lointains comme l'Angleterre ou l'Ecosse. Mais c'étaient des voisins directs maintenant et le moindre changement politique avait des répercussions directes dans leur vie. En une année seulement, Edmond Côtes-de-Fer avait été sacré roi d'Angleterre et était mort. Cnut le Grand, l'ancien envahisseur, était maintenant roi d'Angleterre, et il avait des vues sur le Danemark, la Norvège et la Suède. Il n'était jamais bon qu'un seul homme ait tant de pouvoir entre ses mains. On racontait qu'il faisait déjà exécuter toute l'ancienne noblesse d'Angleterre. Ferait-il de même s'il envahissait Pradvael ?

Il sortit de son bain et fut surpris du froid qui régnait dans leur chambre. Le feu était presque éteint ! Depuis qu'il s'amusait un peu avec leur servante, Solveig, celle-ci se croyait autorisée à ignorer ses tâches les plus simples.

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La pauvrette devait ignorer que c'était un homme du nord, tout comme elle, qui était maintenant roi d'Angleterre. Si l'envie prenait à Cnut de les envahir, ils seraient néanmoins les premiers au courant. La forteresse de Branderion se trouvait à l'extrême nord de l'île et servait justement à prévenir toute invasion viking, anglaise ou normande. Il lui ferait néanmoins passer l'envie de laisser le feu mourir dans la chambre de sa femme.

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Elle venait tout juste de donner le jour à un fils, son héritier. Il l'avait nommé Bernard, en hommage à son défunt père et avait immédiatement écrit à son frère, un autre Bernard, pour lui annoncer la nouvelle et lui demander d'être le parrain de son fils. Pour Liutgarde et pour leur enfant, il priait chaque soir que Cnut ne découvre jamais l'existence de Pradvael. Ils seraient bien plus à l'abri dans le Saint-Empire, mais il savait que Liutgarde ne partirait jamais. C'était une promesse que le roi avait faite à la défunte Reine Alix et Thietmar respectait le roi pour tenir sa parole à celle qu'il avait un jour aimée.

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Il ne savait pas s'il pourraît faire une pareille promesse à Liutgarde. S'ils avaient une fille, il voudrait qu'elle épouse un Saxon et qu'elle retourne dans son pays. Thietmar poussa un profond soupir en songeant qu'il ne reverrait jamais son pays et s'assit sur la chaise où sa femme aimait s'asseoir pour lire les lettres de ses soeurs. Agnès écrivait souvent, mais ses lettres n'étaient la plupart du temps que des recommandations religieuse. Il saisit une lettre marquée du sceau de la princesse Ermentrude après s'être assuré que sa femme dormait à poings fermés. "...Père n'en sait encore rien, mais le Prince de Gwynedd me fait la cour depuis plusieurs semaines maintenant. J'ai bonne espoir qu'il lui demande ma main très bientôt..."

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Il n'était pas le seul exilé après tout. Le Prince de Gwynedd, la défunte épouse du baron de Loklemar qui était la soeur même du roi d'Ecosse, l'évêque qui venait d'Italie. Cette île était une terre d'exilés, difficile à trouver et qu'on ne pouvait quitter.

< Giovanni est tiré hors de sa sieste


Commentaires sur Thietmar le Saxon

    Vivement la suite

    Posté par Solonor, 24 septembre 2011 à 22:13 | | Répondre
  • je suis d'accord, j'aime toujours autant lire ce blog

    Posté par Louhema, 04 octobre 2011 à 22:08 | | Répondre
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